Les Biterrois célèbres et leurs rues

• Auguste Albertini
(avenue, du boulevard Perréal au boulevard Maréchal Juin, baptisée de ce nom en 1968) D’origine corse, Auguste Albertini (1890-1967) fut nommé professeur de mathématiques à l’école pratique de commerce et d’industrie. Il devint conseiller municipal, puis maire-adjoint de la municipalité Suchon, enfin maire de 1932 à 1944. Il fut également député radical en 1936, puis sénateur en 1939.

• Enseigne Albertini (avenue, du boulevard Duguesclin au boulevard Perréal, elle reçut ce nom en 1924) Dominique Albertini (1888-1911) était le frère aîné d’Auguste Albertini (voir ci- dessus). Jeune enseigne de vaisseau de la Marine nationale, il périt héroïquement lors de l’explosion du cuirassé «Liberté» dans la rade de Toulon, refusant d’abandonner son navire. Béziers lui fit des obsèques solennelles.

• Léon Baylet (rue, de l’avenue Clemenceau à l’avenue Jean Moulin, ainsi dénommée en 1944) Calixte Léon Baylet, professeur, député socialiste de l’Hérault de 1932 à 1936, habitait à l’angle de cette rue.

• Jean-Henri-Nicolas Bouillet (de la rue Jules Ferry à la rue Monge, la rue porte ce nom depuis 1884) Né à Béziers en 1729, médecin conseil du roi Louis XVI, élu maire de Béziers en décembre 1789 (suite au décret de la Révolution du 14 décembre 1789 instaurant des conseils municipaux élus), mort peu de temps après, le 22 janvier 1790 dans sa ville natale.

• Emile Claparède (avenue, de la rue Brisson au boulevard Perréal, porte ce nom depuis 1968, c’était dans le temps «l’avenue Louis Gallet» puis «l’avenue de Bessan»)

Né à Béziers dans une famille de commerçants en matériel viticole, Emile Claparède (1902-1967) fut conseiller municipal sur la liste Albertini et devint en 1939 président de la Fédération départementale du Parti Radical Socialiste. Elu sénateur en 1948, maire de Béziers en 1953, 1959 et 1965, conseiller général de l’Hérault en 1958, il fut nommé secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères en 1957, ministre de l’Information en 1958. Béziers lui doit sa Zone industrielle et le quartier de la Devèze.

• Ferdinand Debès (rue, de la rue Diderot à l’avenue Jean Moulin, nommée ainsi en 1884)

Ferdinand Debès (1786- 1875) fut député sous Louis-Philippe et président du Tribunal de commerce de Béziers.

• Jacques Esprit (petite rue qui donne dans la rue du Rouat, près des Bassins réservoirs) Né et mort à Béziers (1611-1678), celui qu’on a surnommé l’Abbé Esprit suite à ses études de théologie de 1628 à 1634, fut moraliste et écrivain, élu à l’Académie française en 1639. Il fréquenta les salons parisiens à la mode puis de retour dans sa ville natale, rédigea son unique ouvrage «La Fausseté des vertus humaines» paru en 1678.

• Benjamin Fabre (rue, de l’avenue Jean Moulin à la rue Frédéric Donnadieu, dénommée ainsi en 1938) Poère biterrois en langue d’oc, Benjamin Fabre (1832-1911), surnommé le «Mascarat» fut collaborateur du journal «l’Hérault» et membre fondateur de la Société littéraire avec Baluffe et Paul Paget. Son œuvre la plus célèbre est «La Partido de Casso a la mar».

• Jean-Marie Joseph Magrou (passage, de l’avenue Jean Moulin à la rue Jules Ferry Artiste biterrois (1869-1945), il se tourna très tôt vers la sculpture, fut élève d’Injalbert et reçut le 2ème prix de Rome de sculpture en 1895 en présentant «Le Faune réveillé par les nymphes», dont la ville de Béziers est désormais propriétaire. Nombre de ses œuvres émaillent les tombeaux monumentaux du cimetière vieux ou les façades des beaux immeubles du centre ville édifiés au siècle d’or de Béziers.

• Yves Nat (boulevard, de la place du 8 mai 1945 à l’avenue Albertini) D’origine espagnole par son père Joan né dans le Val d’Aran, Yves naquit à Béziers le 29 décembre 1890. Doté de talents musicaux précoces, le garçon est confié à l’organiste de la cathédrale Saint Nazaire qui accompagne sa formation musicale, avant qu’il soit admis au conservatoire de Toulouse, puis de Paris. Brillant interprète des plus grands musiciens, Chopin, Beethoven, Yves Nat parcourt le monde entier dans des concerts pour piano réputés. Il aura pour élève un autre virtuose biterrois, Jean-Bernard Pommier. En 1954, Béziers réserve un accueil triomphant à Y. Nat, le sénateur-maire Claparède l’accueille à l’hôtel de ville et inaugure avec lui l’amorce du boulevard qui portera son nom. Après sa mort en septembre 1956, plusieurs concerts seront donnés en hommage au Maître par J. B. Pommier au Théâtre et à la cathédrale.

• Louis Noguier (voie sans issue partant de la rue Noël Sylvestre) Ancienne rue Cagarolie, du mot escargot, que l’on devait ramasser en nombre à cet endroit, la rue a pris le nom de Louis Noguier (1819- 1904) en 1938, en souvenir de celui qui fut président de la Société Archéologique, fondateur du Musée lapidaire et substitut du Procureur de la République de Béziers.

• Paul Paget (impasse donnant dans l’avenue Albertini) Pharmacien et félibre biterrois (1847-1934), fondateur de la Société littéraire et artistique de Béziers, maire-adjoint et conseiller général, il est l’auteur de plusieurs œuvres de poésie et de théâtre en français et en occitan.

• Ernest Perréal (boulevard, de l’avenue Claparède à l’avenue Albertini) La voie portait à sa création le nom de boulevard du Nouvel Hôpital, construit à cet endroit de pleine campagne dès 1912 et très utile pendant la Grande guerre de 1914. C’est en 1925, qu’on donna le nom d’Ernest Perréal (1825-1908) à cette artère en mémoire de ce médecin, fils d’horloger de la rue de l’Argenterie, diplômé de la Faculté de médecine de Montpellier, que l’on surnomma le «médecin des pauvres». Républicain, il fut emprisonné après le coup d’Etat de Napoléon III, fut élu maire de Béziers de 1870 à 1880, puis conseiller général de l’Hérault et enfin sénateur. On lui doit la construction des Bassins réservoirs.

• Joseph-Noël Sylvestre (rue de l’avenue Jean Moulin au rond-point Henri Noguères) Elève de l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Paris, 3ème Prix de Rome en 1869, Joseph-Noël Sylvestre (1847-1926), a été qualifié de «peintre pompier» en raison de la dimension épique et théâtrale de ses tableaux. Son œuvre maîtresse «L’Assassinat du Vicomte Trencavel», récemment rénovée, peut être admirée à l’église de la Madeleine, en centre ville et plusieurs autres de ses peintures au Musée des Beaux-Arts de Béziers.

Nous tenons à remercier Alain Roque et Robert Cavaillé, historiens biterrois (Alain est né boulevard Duguesclin et a vécu longtemps près du Champ de Mars, il est adhérent de notre Comité de quartier) pour nous avoir inspirés dans ces recherches. Nous avons pris de nombreuses références dans leurs ouvrages :

• Béziers pas à pas, de Alain Roque et Claude Lapeyre, Editions Horvath, mai 1993
• La célébrité en héritage, de Robert Cavalié, Editions du Mont, septembre 2015

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